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Traversée Canaries-Dakar

Depuis notre départ nous avons assez bien respecté notre projet initial, une année en Méditerrenée puis les Canaries. Pour la suite, après pas mal de discussions qui nous emmenaient d'abord au Brésil puis à Miami via les Antilles ensuite au Canada via New York, nous nous sommes décidés à visiter tout d'abord le Sénégal.... nous voilà donc en route pour ce continent qui nous est totalement inconnu.

La veille de notre départ nous décidons de dormir à l'ancre et de faire un petit barbecue... et voilà notre petite Lili ancrée avec un bateau à couple de chaque côté ( elle tient bien l'ancre Spade y a rien à dire), nous passerons une petite soirée tranquille et bien agréable en compagnie de Gérard et de Pascal avantde nous embarquer pour environ une semaine de navigation vers Dakar. Pour la première fois nous naviguons à deux bateaux. Gérard sur le bateau Speedy (construit par un dénommé Gonzalez et ceci est véridique) nous en a fait la proposition, nous comuniquons par VHF nous adaptons nos vitesses et chose plutôt rare nous photographions nos bateaux sous voiles.....

Speedy

Lili

Départ du mouillage à la voile, bon vent qui nous pousse gentiment, premier matin bataille de sarbacannes entre les deux bateaux ( Gérard est resté grand enfant....). Après-midi Gérard pêche et partage avec nous. Le lendemain on fait des crèpes à bord de Lili on partage aussi...

Les munitions pour sarbacanne Les jours et les nuits se succèdent et malgré une navigation idyllique, les marins vous le dirons : navigation à la voile avec un vent constamment entre 20 et 30 nds au portant ( càd qui vient de l'arrière) en général assez peu de houle... hé bien, je trouve le temps long. J'aimerais pouvoir dormir toute une nuit sans quart et sans être constamment ballotée, pouvoir aller aux toilettes sans devoir me tenir pour ne pas basculer du pot, pouvoir me brancher sur internet et y lire les messages de ceux qui pensent à nous.... enfin bref des petites choses insignifiantes quoi. Dominique lui, apprécie cette belle navigation et malgré sa réticenceà naviguer de concert avec un autre bateau, il goûte à la compagnie sur les ondes et souvent même la journée à vue avec le pétillant Gérard et son accent du midi. Géraldine est de plus en plus à l'aise en navigation, elle lit beaucoup, parfois même étudie, joue au dames avec Domi, c'est elle qui me dit "maman ne décompte pas les jours, ça passe plus vite comme ça". Elle regrette que cette fois on n'a pas vu beaucoup d'animaux, quelques dauphins et pas mal de poissons volant....Sylvain lui c'est le second de Domi, il manoeuvre, surveille la route, la météo, le règlage des voiles, il a vraiment le sens marin, mais comme moi ce qui lui manque le plus c'est internet et MSN.....Aube du sixième jour, le vent se lève et la houle avec, à l'intérieur on est secoués à l'extérieur on est bien rincés, certaines vagues viennent se jeter avec violence sur les flancs de Lili. Heureusement cela ne dure pas trop longtemps milieu d'après-midi le vent retombe un peu la mer se calme la routine se réinstalle. On sent qu'on approche du but le vent devient chaud même la nuit.

Dakar

Comme dirait notre copain Loran : Dakar, on aime ou on déteste. C 'est vraiment particulier, ville très fatiguante aller au centre ville, que ce soit pour les formalités administratives, faire des courses ou flaner, relève de l'expédition. Les routes sont encombrées par les nombreux véhicules et embouteillées par les taxis et taxis brousse qui se faufilent partout, les chauffeurs préfèrent prendre un itinéraire connu qui leur semble le plus court même si un autre itinéraire un peu plus long mais moins embouteillé leur ferait gagner du temps et de l'essence. L'air est pollué et chargé de poussière et de sable, nos gorges peu habituées souffrent.

Mama légumes

 

la boutique orange locale

 

Si vous ressemblez trop à un touriste de passage (ou pire du club med), vous êtes assaillis par les enfants qui mendient, les jeunes marchands qui veulent vous guider et surtout vous ammener là où ils auront une comission...Pas de classe moyenne ici les gens sont très riches et surtout très pauvres. Ce qui ne les empêche pas d'être très souriants. Les maîtres mots : le marchandage et la patience, cela fait partie de la culture locale. Pas toujours évident de gérer le fait d 'être blanc dont synonyme d'argent....Dakar c'est aussi pour nous beaucoup de rencontres d'autres navigateurs et d'autres familles. Beaucoup d'équipages français : on y retrouve Semeda, rencontrés à Carthagena, Saré aux Canaries, on y découvrent Marana, Aquarelle, Kirikou, Xiloa et bien d'autres....c'est aussi la rencontre avec Kit Kat : Sean et Debbie deux sympathiques londoniens qui apprennent des chansons anglaises aux enfants, c'est aussi Emmy et Werner Bavarois à bord du Afun Dafu ( équivalent de notre à fond de balle) Emmy rie tout le temps, Werner est un pince sans rire, il est osthéopate et est toujours occupé à soigner quelqu'un.....j'y suis passée quelques fois merci mille fois.Emery, Waker et Christophe du 23 eme BIMA on ne vous oubliera pas de sitôt, pour vous l'entraide et l'amitié n'est pas un vain mot....

Ile de Gorée

L'île aux esclaves faisant partie de la ville de Dakar juste en face de la baie, un oasis.... pas de voiture, on y flane à son rythme, les ruelles sont bordées de bouginvillées de toutes les couleurs, les enfants jouent dans les rues, les femmes lessivent devant leur porte, les artistes exposent leurs oeuvres...

 

Nous voila partis pour le fleuve Gambie en compagnie du Séméda