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Dakar-Gambie-Dakar

14 janvier nous quittons Dakar pour remonter le fleuve Gambie en compagnie de l' équipage du Semeda Jean-Michel, Kathy, Mégane et Daphnée. Nous nous arrêtons en chemin à l' entrée du fleuve Sine Saloum (toujours au Sénégal), sur une toute petite île : Sangomar, large juste de quelques centaines de mètres et habitée par des zébus qui nous regardent avec curiosité.

Nous ramassons des coques que nous mangerons à l'apéro, nous achetons une belle dorade à un pêcheur (faute de pecher nous même) que nous mangerons le soir au barbecue.... idyllique.

Le lendemain à l' aube nous reprenons la route vers Banjoul capital de la Gambie, nous y ferons arrêt pour les formalités administratives. Les hommes partent vers 9 hrs et rentrent vers 14hr 30 après un passage dans 11 bureaux ( la police du port, la police du Président , les douanes.....) mais tout est en ordre on peut y aller. Pendant ce temps Kathy, Debbie ( du Kit Kat que nous avons retrouvé à l' ancre devant Banjoul) et moi nous faisons un tour au marché. Nous y trouvons beaucoup de petites échoppes avec des tissus, des savons, quelques conserves ( style mayonnaise) mais très peu de nourriture fraîche : un peu de poissons ( avec beaucoup de mouches), quelques tomates ( souvent trop mûres), bananes, oignons, aubergine, piment. C'est à peu près tout ce que l' on y trouve. Heureusement qu 'à Dakar on avait préparé des bocaux ( weck en liégeois) et que les fonds de Lili ne manquent pas d'approvisionements. C'est la première fois que nous ne trouvons pas un "grand magasin" à disposition. Nous repartons dans un petit bolon, nous ancrons les bateaux devant le campement de Lamin Lodge, petite construction en rondins où on peut boire un verre et manger un bout. Les singes courent partout et à l' occasion essayent d' emporter une bouteille de sprite ou de coca qu 'ils boivent goulûment.

Avec les annexes nous partons explorer les bolons environnants, rencontre avec pas mal d'oiseaux, des pêcheurs et des ramasseurs d'huitres de palétuviers.

 

 

 

Ce 23 janvier Sylvain et moi quittons Lili au niveau de Farafanni afin de remonter vers Dakar où nous attend l'avion pour la Belgique. Domi et Géraldine quant à eux continuent la remontée du fleuve avec les Semeda. Nous nous retrouverons le 4 mars à Dakar.

Compte rendu de Domi en Gambie avec Géraldine

Mercredi 24 /14 heures nous sommes mouillés dans la passe sud de l île aux éléphants. Le soleil est très chaud nous transpirons beaucoup mais ne sommes pas incommodés par les insectes. Nous guettons les berges à la recherche de nos premiers crocodiles. La marée est descendue et des traces sont visibles sur la petite berge de vase à quelques dizaines de mètres du bateau. Tranquillement installé dans le hamac, je scrute l endroit à la jumelle. C est alors que je distingue une forme remontant le courant, il est là notre premier croco. J appelle Ge elle le distingue également. Il est là, plonge doucement, remonte en silence et tourne à la recherche d'une proie. Je ne voudrais pas devoir plonger dans cette eau ou l'on ne distingue rien et maintenant c est certain infestée de crocodiles. Soudain, un grand coup de queue, un grand remous, le même que celui qui nous avait fait bien peur à la sortie du bolon de tendaba lorsque nous nous laissions dériver en annexe Sylvain et moi.

Peu de temps après c est un petit singe, qu vient se montrer. Il semble intrigué par le bateau, mais ne reste pas longtemps. Il repart entre les énormes branches des palétuviers. Nous avions entendu ce matin des cris qui ressemblaient à des cris de singes. J'aurais aimé montrer tout cela à Magda et Sylvain, mais Magda aurait elle apprécié il fait tellement chaud…?

Ce matin un voilier est apparu au début du mouillage, ce n'est personne que nous connaissons, nous pensons être quasiment seuls sur le fleuve. Il s'arrête et se laisse dériver en dehors de notre vue. Il n aime peut être pas la compagnie. Nous verrons bien si nous le rencontrons à nouveau.

Mouillage a Red Hill Island, le soir se couche et à quelques centaines de mètres du bateau nous entendons des barrissements d hippopotames. Le soir se couche et nous avons du mal à les distinguer. Après nous être rapprochés avec l annexe, nous les apercevons un peu mieux dans le jour qui se couche. Pendant notre petite exploration en annexe, les filles sont restées sur LILI et ont aperçu des singes.

Dans l après midi, nous avons été explorer le petit bolon à quelques centaines de mètre du bateau. Nous étions tous assez stressés, à l affût du moindre bruit, d un mouvement sur l'eau. Dans ce silence angoissant, nous avons tous sursauté en entendant d'abord et en apercevant furtivement ensuite un gros animal se laissant tomber d'un palmier et atterrissant avec un bruit mat. Notre conclusion reste encore aujourd'hui’hui la chute d un gros serpent. Cherche t-il a assommer leur proie …

Le 27 au matin nous reprenons notre route vers l'amont, au détour des méandres nous croisons quelques villages. Les gosses et même des ados nous rejoignent en pirogue avec toujours ce même leitmotiv « give me, give me something». Hier j ai donné quelques cigarettes à un pêcheur sénégalais avec qui j'avais échangé quelques mots, le soir je tombe à nouveau sur lui en cherchant à acheter des poissons. Le prix qu il me propose est démentiel …; Ah peuple d Afrique vous nous décevrez beaucoup…

Nous sommes maintenant mouillés près de Red hill, hier nous avons pu observer une famille hippopotame. Une mère énorme et ses petits. Nous sommes restés à distance, de peur de les faire fuir. Par contre jusqu’à présent nous avons vu peu de crocodile, un seul pour tout dire. Mais les oiseaux restent eux toujours aussi abondants, hier des oiseaux vivant près de l'eau douce, plumage jaune et vert criard avec une petite tête rouge. Magnifique.

Cela fait maintenant 12 jours que nous sommes en Gambie, je n attend rien des rencontres avec les gens et je commence tout doucement à penser au retour et pouvoir enfin avoir des nouvelles.

Aujourd'hui alors que nous prenions le thé sur Semada Kit kat est apparu ( le bateau des londonniens qui ont appris des chansons en anglais aux filles). Les filles les ont accueillis en chantant Jogi Bear. Le soir nous avons fait un petit souper spaghettis sur LILI. D'après eux nous pourrions atteindre Ooster Creek et cela à l' air chouette, nous tenterons le coup en redescendant.

Le 29 mouillage a Baboon Island, il fait très chaud, nous observons plusieurs familles d hippo, le matin 2 se baladent tranquillement sur la plage. J arrive à faire quelques photos du bateau mais je suis loin. Je ne peux malheureusement pas m approcher car l île est une réserve naturelle et le chenal est fermé à la navigation.

Nous repartons le lendemain pour George town, nous ne pourrons de toute façon pas aller plus haut car un câble électrique nous barre le passage et je ne pense pas pouvoir passer en dessous. La ville est décevante, des boutiques minables et un marché très rudimentaire. J'achète les oignons à la pièce, de la farine et des œufs. Sur les 10 je devrais finalement en jeter 6.
En débarquant nous sommes accueillis par un militaire qui garde un petit potager. En réalité cultivé par des détenus. La prison n est pas loin. Le garde est très intéressé par Mégane, qu il voudrait épouser. Pour moi s il garde l annexe c est ok, mais ses parents ne semblent pas d'accord.

En buvant un verre le long du fleuve nous apprenons qu il n est pas facile finalement d observer les animaux. En voyant passer les bateaux de touristes en pleine discussion, moteur allumé nous ne nous étonnons pas. Les hipo, entre autre, dès qu ils entendent un peu de bruit plongent en attendant que cela passe..

Le 01 nous repartons pour baboon Island, je suis un peu juste en fuel et vais essayer de faire de la voile pour redescendre, cela devrait aller jusqu Ooster Creek.

En arrivant le soir les hipo sont à la fête nous en comptons jusque 12 dont de nombreux petits, ils restent en famille et font un boucan d'enfer.

Le 02 nous repartons vers red hills, il fait toujours très très chaud l après-midi et nous sommes régulièrement attaqués par des mouches tse tse. Nous voyons enfin de nouveaux crocodiles, sur les plages qui découvrent à marée basse. Reptiles d une autre époque, immobiles pendants des heures mais capables de démarrer à une vitesse impressionnante. Nous Sommes sur Lili et nous approchons autant que les fonds le permettent.

A partir du 03 nous redecendrons de Red Hills aussi rapidement que le courant le permet, nous souffrons énormément de la chaleur, surtout l après midi ou le thermomètre avoisine les 40°c. Le soir il fait plus frais mais c'est le tour des moustiques, nous nous protégeons un maximum, pantalon long, chaussettes portées façon cycliste, manches longues et produit anti-moustiques sur ce qui dépasse.
Pendant toute notre descente nous remarquons des feux, les gambiens utilisent toujours ce procédé archaïque pour fertiliser leurs maigres cultures.

Le 07 au soir nous atteignons l entrée du bolon Oester creek, il est minuscule. Pendant 2 heures, Géraldine est restée rivée au sondeur en me donnant en permanence les fonds. Des dizaines de marches arrières pour finalement nous planter, mais bien planter au dernier virage. Semeda revient sur ses pas et nous indique l endroit le plus proche ou se trouve les fonds. C est en faisant des "gauche-droite" avec le moteur a fond que nous arrivons à tracer un sillon dans la vase et à nous en sortir. Nous avons failli y passer la nuit et coucher le bateau car les fonds étaient beaucoup plus durs que la dernière fois ou nous nous sommes tranquillement enfoncés quille droite de plus d un mètre dans la vase.


Nous sommes maintenant a Oester creek et préparons notre remontée sur Dakar. Heureusement que nous avons fait les fameux weck (bocaux stérilisés ou parfait pour les non liégeois). Nous mangeons tout les soirs l'un chez l'autre et plutôt bien. Pas un seul n était mauvais.
Cela fait maintenant 6 jours que nous sommes à Oester Creek. Nous aurions voulu partir plus tôt mais Jean Michel a été malade une journée, le lendemain c était moi et hier nous avons tenté la sortie par un endroit normalement plus facile. Semeda c'est planté 2 fois dans quasiment un mètre de fond et c est avec les 2 annexes chaque fois que nous sommes finalement parvenus à le dégager.

Aujourd hui nous repartirons par le premier chemin a marée haute.