Partir
entre amis ... les pièges à déjouer
Partir
entre amis c' est génial. C' est revenir toujours
amis qui n' est pas forcément gagné...alors
désamorcez les bombes anti-amitié.
Joies
de l' amitié, souvenirs inoubliables, partage de
frais, fous rires et rosé sous la tonnelle ( ou
dans le cockpit), la liste des bonheurs promis est longue.
Promis mais pas toujours tenus. Car les vacances entre
copains, c' est aussi des copains justement, une destination
ou des fêtes dont on ne se méfie pas assez
au départ. Afin d' éviter toute désillusion,
mieux vaut se préparer psychologiquement.
L'exiguité
Le
problème de l' exiguité de la location se
pose généralement au ski dans ces studios
8 personnes où la porte du frigo ne s' ouvre qu
'une fois le canapé-it rabattu. Il existe un équivalent
estival tout aussi redoutable, le camping-car ou
pire, le bateau.
Au
mieux vous disposez de 6 mètres carrés pour
6 occupants. Quand il y en a un qui chausse du 44 (et qu'
il laisse traîner ses chaussures partout), il empiète
sur votre espace vital. En principe vous dormez sur des
couchettes superposées et tous dans la même
pièce vu qu' il n' y en a qu' une. Sur 6 il y en
1 forcément qui ronfle, soit 5 qui veillent. Sans
compter sur celle qui se relève trois fois dans
la nuit pour faire pipi...
Les
différents rythmes
A
7 heures du matin, vous dormez tranquillement, quand vous
percevez le boucan du lève-tôt qui cherche à faire
le moins de bruit possible. Quatre portes de placards qui
claquent (il ne trouve pas le café), papiers qui
froufroutent (il n' arrive pas à saisir le filtre),
eau qui glougloute, plancher qui grince... vous émergez
alors péniblement et le copain sincèrement
consterné s' inquiète : "je ne t' ai
pas réveillé au moins...."
Nota
Bene : avec le couche-tard même punition. Lui aussi
tente de rester silencieux, mais avec quatre grammes dans
le sang, il ne peut éviter qu' un obstacle sur trois
et, à chaque faux pas, il beugle pour s' excuser
et s' imposer le silence.
Le
partage des tâches
En
principe en une journée vous pouvez vous faire une
idée assez précise des tempérament
en présence. Le dévoué, l' éponge
das une main, la liste des courses dans l' autre, a déjà mis
le couvert, préparé trois salades, rapporté du
pain pour les lève-tard. Le pignouf à l'
inverse, s' éclipse pour reparaître au moment
de passer à table et repartir aussitôt le
café servi ( par le dévoué). Le matin
il vide la cafetière dans son bol qu' il pense voir
sauter tout seul jusqu'au lave-vaisselle. Entre les deux
vous avez les garçons qui estiment que servir l'apéro équivaut à la
préparation du repas et les filles qui veulent absolument
manger du poisson en papillotes plutôt que du pain
et de la charcuterie.
Les
comptes communs
Là où se
trouve le nerf de la guerre , se cache aussi la guerre
des nerfs. En général on a évoqué le
problème avant de choisir la cagnotte commune. Chacun
verse la même somme qui sert à tout, sur le
principe, tout est clair sain et pratique. Dans la réalité ça
se complique. D' abord votre groupe compte forcément
un radin masqué. Celui-ci discute âprement
chaque sachet de Knacki sous prétexte que c' est
plus cher que le jambon. A la fin du séjour il a
divisé le coût du papier toilette au prorata
parce que les filles font des pelotes et pas les garçons.
Vous avez aussi le grand prodigue, particulièrement
généreux quand il s' agit d' argent commun.
il ne boit que du millésimé et estime qu'en
bord de mer on ne mange pas de crabe en boîte alors
qu' on trouve des langoustes toutes fraîches à deux
pas.
Les
amis des amis
A
priori, si vous partez en vacances entre amis, c' est que
vous avez des amis, c' est bien. Hélas, ils en ont
aussi. Or l' adage " les amis de mes amis sont mes
amis" connaît de notables exceptions.
En
général comme il est difficile de réunir
8 personnes prêtes à partir aux mêmes
dates pour la même destination le groupe va donc
se répartir comme suit :
*
trois sont des amis proches, vous êtes déjà partis
avec eux c'était le bonheur.
*
trois sont des copains plus récents, avec qui vous
rigolez bien pendant l' année.
*
reste une personne qui, à priori, ne vous est pas
très sympathique, mais vous ne demandez qu 'à réviser
votre jugement et vous n' allez pas casser l' ambiance
et tout annuler.
Au
bout de 15 jours votre jugement est tout révisé mais à la
baisse, vous êtes prêt à mordre l' antipathique
dès qu' il apparaît. A cause de lui et après
lui avoir envoyé quatre fois le frisbee dans les
tibias sur 5 lancés, deux des pièces rapportées
vous prennent pour une furie (tant pis puisque finalement
ils ne sont drôles que pendant l' année).
Le troisième par contre est devenu un véritable
ami indéfectible, pourvoyeur d' armes contondantes. |