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Retour de Domi de Buenos Aires jusqu'à Portimao au Portugal

12 mars-15 juin 2010

Trajet à effectuer

prevu

Domi est parti accompagné de Carlos Romero de La Plata le 12 mars, à Paraty Carlos est reparti vers son pays en bus et Domi à entamé seul la traversée vers l' Europe il est parti le 27 avril.

Sa position le 10 mai

10 mai

Le 24 mai

24 mai

Le 8 juin

Arrivée le 15 juin après 49 jours de mer en solitaire pffft....

voici le récit de son expérience :

Me voilà enfin arrivé après 49 jours de mer.

Parti de Paraty à côté de Rio de Janeiro mon voyage se termine à Portimao au sud du Portugal. Soit 5000 miles.

Dès le départ ça commence fort : 30 nœuds de vent à la sortie de la baie, dès les premiers jours il a fallu gérer en plus le trafic intense du Cabo Frio, le mauvais temps quasi permanent sur cette région ( pas mal de pluie et de grains) et le stresse d une première longue navigation en solitaire sans escale.

Heureusement les alizés du Sud-Est sont bien établis, plutôt Est que Sud d'ailleurs, ils me permettent de faire de jolies moyennes au près bon plein (remonter à 60 degrés du vent). Mais le bateau tape énormément, rebondi sur les vagues et de temps en temps se plante complètement. Il faut alors relancer en abattant. Le régulateur d allure a du mal à suivre dans cette route en zigzag. Le pont est complètement recouvert de vagues régulièrement et je béni les travaux d étanchéité que j'ai fait sur tous les hublots avant mon départ, l intérieur reste sec.

Après une dizaine de jours c'est le premier grand coup de frein, le pot au noir où je reste planté 3 jours sans un souffle de vent. Comme je n'ai pas énormément de fuel il ne me reste qu'à attendre. Épuisant pour les nerfs lorsque l on a qu'une idée en tête : avancer....

Le vent revient par à coup et avec lui des gros grains, ce qui implique pour moi des manœuvres incessantes : que je te hisse la grand voile et que je reprenne un ris, 2 ris et rebelote....

L alarme radar m'aide bien en me signalant non seulement les cargos ou les rencontres en mer mais aussi les grains qui arrivent sur moi, elle m'évite ainsi plusieurs fois de me retrouver toutes voiles dehors dans 30 ou 40 nœuds de vent.

Vers le 20 eme jour je me glisse entre deux ondes tropicales et attaque la remontée vers le cap vert. Obligé de serrer le vent au maximum (remonter avec le vent de face), la moyenne journalière tombe à 100 miles. J' ai du mal au début à trouver un bon réglage et de nouveau le bateau saute au-dessus de ces vagues courtes.

Le vent se calme un peu entre la latitude des iles du cap vert et les Canaries, de force 5, 6 il tombe à 4, 5 mais le vent est toujours bien Nord Nord Est et ne me permet pas d'ouvrir la voilure.

A 500 miles des açores, deuxième grand coup de frein, je rentre dans les vents faibles de l'anticyclone des açores, je n'en vois pas la fin, il me faudra une semaine pour en sortir, grâce a un flux de Nord Est.

Il reste 700 miles pour rejoindre le Portugal, j espérais pouvoir enfin faire du travers et finir calmement mais l anticyclone s'est recentré plus au Nord et je reste dans des vents de Nord Ouest.

Les alizés portugais se renforcent de plus en plus et montent jusqu'au coup de vent. Je passe les 3 derniers jours sans quitter mon ciré ni mes bottes dans un vent glacial et la certitude de me prendre quelques bonnes douches à chaque manœuvre, je suis trempé et frigorifié, la mer est forte à très forte et je crains les déferlantes. Mais la moyenne remonte et j avance de nouveau bien.

C'est le 49 ième jour au matin que je peux enfin virer (contourner) cette énorme zone de séparation de trafic au large du cap St- Vincent et remonter à l abri de la côte vers Portimao; où m' attendent sur le ponton Magdaléna Sylvain et Géraldine ...

Je suis épuisé mais tellement content, toute la famille est là et Lili est enfin de retour en Europe.

En résumé

Après les premiers 1000 miles de Buenos aires à Paraty que j avais fait avec un équipier en plus d' un mois, il m'aura fallu quasiment encore 50 jours pour faire les 5000 miles restant jusqu'en Europe, à peine 100 miles de moyenne journalière.

J ai toujours été au près (vent plutôt de face) jamais mieux que 80 degrés du vent.

j'ai apprécié à sa pleine valeur la robustesse de Lili et sa bonne étanchéité, plusieurs fois j ai été recouvert complètement par des vagues qui venaient déferler sur le pont. Je dormais souvent le bateau totalement fermé. Je me suis toujours senti en totale sécurité sur ce bateau très marin.

J ai eu froid après la latitude des Canaries, le vent du Nord était glacial et avec 25 nœuds de vent apparent sur le bateau j étais vite gelé. Heureusement je n ai jamais dû barrer.

Le régulateur d allure s'est bien bien débrouillé, mais il n'optimisait pas au mieux la vitesse, j'aurais certainement pu aller plus vite et plus confortablement avec un pilote plus performant.

L iridium m a permis d avoir des contacts avec la famille tout les jours et de charger les fichiers grib pour la météo, moralement ça m'a beaucoup aidé.

L approvisionnement était irréprochable et les conserves que Magdaléna m avait préparées en Argentine m ont permis d'avoir un bon repas par jour en quelques minutes car vu les conditions je n'aurais pas pu cuisiner, en plus le frigo est tombé en panne donc pas de possibilité de cuisiner pour quelques jours. Cependant j'ai vraiment dû me forcer à manger car je n'avais pas d'appétit.

Le genre d'expérience qu'on est content d'avoir réaliser!